La joie de se sentir soi-même

La seule chose qui fatigue les hommes d’aujourd’hui c’est de faire, de vivre, de parler,de s’habiller comme l’autre. Moi, je fais l’exception. Je ne regarde personne pour vivre. La vie est comme un tempo, à chacun d’excquisser ses pas de danse. J’exhorte à tous de rester soi-même.

La cité de YOUMANLI

Tiapaga

Description

Tiapaga est l’un des plus gros village de la commune de Bilanga. Il est situé à une trentaine de kilomètres à l’Est du chef-lieu de sa commune. La langue parlée est le gourmantché en général et en particulier le foulfouldé, le mooré qui sont des langues minoritaires. Tiapaga est aussi l’un des village les plus jeunes derrière Tobou, Kibaré, Kokin, Yandima etc.

Localisation

Tiapaga est un village situé au coeur des trafics commerciaux de l’Est de Bilanga. Il est limité à l’Ouest par Tobou, à l’Est par Tanibiaga et Wourmoura, au Nord par Kokin et Kogodou et au Sud par Sebga et Kiryondeni.

Fondateur

Selon certaines sources, Tiapaga fut fondé par Lankoande YOUMANLI, un paysan agriculteur et chasseur venu de Tobou. Il serait venu dans ces lieux pour la recherche des terres cultivables. Il aurait d’abord fait un champ, ensuite un hameau de culture et enfin venu s’installer définitivement. C’est ainsi que ce village fut peuplé par des nomades, agriculteurs et commerçants venus d’ailleurs. De Youmanli à aujourd’hui, Tiapaga a eu trois chefs officiellement intronisés: Sa Majesté Yempabou, sa Majesté Yenhanma et sa Majesté Yencabili intronisé le 08 mars dernier.

Populations

La population de Tiapaga atteint le seuil de 20.000 hbts en 2006. Le recensement de 2020 n’a pas donné des chiffres convaincants quand on sait les circonstances dans lesquelles il s’est déroulé. Elle est composée d’un peuple hospitalier, ils sont intègre et cultivent au sein d’eux les valeurs les plus importantes du monde: La patience, la tolérance, la solidarité, l’amour, etc. Leur mode de vie inspire amour pour les villages voisins.
Tiapaga possède une force au sein de sa population. Laquelle? Sa jeunesse.
La jeunesse de Tiapaga est une jeunesse travailleuse et dynamique. Cette jeunesse a fait des exploits en art vestimentaire dans les années 2000. C’était le repaire en accoutrement pour les voisins. Elle laisse des traces sur son passage qui témoignent sa détermination. La jeunesse de Tiapaga refuse la défaite. Elle laisse des empreintes à l’étranger lors de son passage pour des travaux champêtres. Elle est aussi amatrice du football. Cette jeunesse dynamique fait de Tiapaga le village le plus vu de la zone.

Patronyme de Tiapaga

Tiapaga serait une déformation de Cakpaga en langue gourmantché. Cakpaga se définit comme suit: «Ca»: qui est le diminutif de «caari» qui veut dire Puits et «kpaga» qui veut dire Tari qui provient du verbe Tarir(un verbe du deuxième groupe, synonyme: faire cesser, mettre à sec, s’épuiser.)
Cakpaga en somme va vouloir dire: le village des puits taris selon la traduction littérale.

L’Economie

L’économie de Tiapaga est essentiellement basée sur deux secteurs primaires du Burkina Faso: L’agriculture et l’élevage
Les populations vivent des produits issus des efforts en saison pluvieuse qui ne dure que pratiquement 6 mois. Les éleveurs font de la transhumance. Ils vivent de la vente des bovins, du lait des peaux de leurs petits et gros ruminants. Ce n’est qu’à partir de 2015 que naquit la culture de contre-saison. Les exploitants cultivent des oignons,des tomates(les produits maraîchers), de la patate et du pastèque. En cela s’ajoute la pratique de la pêche par une minorité d’hommes qui profitent de la montée des eaux des bafonds pour une période limitée. La pêche n’est pas une activé à temps plein parce que les réserves ou les marigots tarissent après quelques mois de la saison des pluies. Le commerce n’est pas en reste. En effet, Tiapaga possède un grand marché dans lequel viennent des commerçants de divers horizons. On y trouve divers articles d’étalages. Tiapaga est renommé par son abondance en lait pendant la période du mois d’août à septembre. A Tiapaga, on retrouve des braves bouchers. A Tiapaga, on retrouve de braves dames qui animent le marché en galettes chauds, aromatiques et succulents. C’est ce potentiel qui fait de ce village le plus convoité des autorités administratives.

Infrastructures administratives

Tiapaga est un gros village qui mérite mieux que ce qu’il a. Il possède actuellement une école primaire qui à ouvert ses porte en 2004 dirigée par M.SOURWOUMBA Alidou. Cette école a formé la première promotion des élèves du public. En 2018, un lycée ouvre ses portes. Mais il sera inactif après deux années d’activités suite à la montée fulgurante de l’insécurité dans la zone.

Perspectives

Plusieurs projets se dessinent à l’horizon.
¤ Il ya l’installation d’un château d’eau potable en construction,
¤ Il ya une demande déposée à la mairie, au niveau des autorités compétentes pour la construction d’un CSPS,
¤ Il ya la construction d’un jardin bio agricole en cours,
¤ Il ya le retour de l’enseignement qui est une préoccupation ou une aspiration phare pour la population,
¤ Il ya aujourd’hui le dossier du redécoupage administratif qui est suivi de près.
¤ Etc.

En somme, aucun écrivain ne pourra épuiser tout le contenu, tout le potentiel de ce beau et Grand village qui se trouve dans la plus grande commune(Bilanga) de la Gnagna. Tiapaga est et restera la destination à ne pas manquer. Rendez-vous est donc pris, visitez la belle cité de YOUMANLI, et vous ne serez pas déçus. Comme le nomme sa jeunesse, Tipaga est la ville lumière( *Paris*)

Rédacteur:
Davidlevainqueur

Publié le 13-04-2021

David Lankoande est de retour. Je suis là pour continuer ce que j’avais commencé avec vous. Cette retraite m’a permis de reflechir, de me juger et de m’engager enfin. Ce retour vous presentera aussi les resultats de l’experience que j’ai reçu durant mon silence. <> Maitre Gims.

Qui est Dim Dolobson ?

André Augustin Dim Dolobson est né en 1887 et mort en 1940 dans le cochon coutumier de Sao. Il fut intelligent et travailleur hors du commun. « connu des services administratifs, financiers et comptable de l’AOF »,il travaille au cabinet du gouvernement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulaso,etc.De 1928 à 1934 soit 6ans, il a publié dans les plus hautes maisons d’édition en Europe de nombreux ouvrages et travaux.
le Moogo Naaba et sa cour(juillet 1928)
-les procédés divinatoires des Bagba(divins) au mossi(1933)
le secret des sorciers noirs(1934). Cet ouvrage important fait 306pages. Jusqu’à aujourd’hui, il n’ait aucun ouvrage francophone qui ait porté sur le thème du mysticisme, de la magie, de la sorcellerie, de notoriété qui ne s’inspire ou ne fait référence en ce qui concerne l’Afrique à cet ouvrage de nos jours, malheureusement introuvable au Burkina Faso.
Dim Dolobson a aussi publié :
note sur les Yarsés au Mossi(1934)
l’empire du Mogho-Naaba, coutumes des Missi de Haute-volta (Paris 1933 édition Domat-Montchrestien, 303pages avec illustrations). Cet ouvrage reste jusqu’à nos jours, l’ouvrage de connaissance de la basse de l’histoire et de la civilisation des Mossé du Burkina. Dans le même temps, il a écrit deux manuscrits qui n’ont pas pu être édités :
Les conditions d’existence de la région de Ouagadougou avant et après l’arrivée des Français (1926).
-L’organisation politique, Administrative, militaire et judiciaire des groupes moosi avant la pénétration française. Droits coutumiers des naaba Moosi. Les travaux de l’homme ont porté sur l’ethnographie, la justice, les sciences, l’histoire, les lettres, la philosophie, et les religions.

Reconnaissance…….

En 1937, les travaux de cet homme ont fasciné le pays colonisateur,la France, ainsi Dim Dolobson fut titulaire cette année -là de la distinction de « chevalier des palmes académiques de la République française pour services rendus à la science  ». C’est la première fois qu’une telle distinction est décernée à un Noir. À cette période la loi du 14 septembre 1916 accordait la citoyenneté aux originaires des seules communes du Sénégal (République, Gorée, Dakar, Saint-Louis) tous les autres habitants des colonies n’étaient pas des citoyens. Le « Sujet  » jusqu’à la loi Lamine Gueye du 07 mai 1946  » est une personne qui n’a que des devoirs et pas des droits « . C’est ce qui a légitimé les exactions contre les habitants de la Haute – volta (haute Côte d’Ivoire et Soudan française), les sinistres travaux forcés. Ainsi, Dim Dolobson de Haute-volta, ne pouvait pas être décoré. Car une décoration est plus qu’un droit pour un « sujet français  » qui ne peut pas en bénéficier, un sens de la loi. On a dû faire établir un acte de naissance disant que Dim Dolobson est né en 1897 et était donc citoyen français avant qu’il ne puisse être décoré. C’est dire que cet homme est quelque peu entré par effraction dans ce droit page que le pays colonisateur a hautement reconnu ses mérites et se disait reconnaître la valeur de cet homme.

Tuteur de Philippe Zinda Koboré

En dehors de ces actes éminents, Me Titenga Pacéré a souligné que c’est Dimdolobsom qui a pris chez lui, Philippe Zinda Kaboré et l’a mis à l’école. Me Titenga Pacéré à eu à travailler avec les deux serviteurs (page et palefrenier) qui se sont occupés de Philippe Zinda Kaboré à l’enfance et l’emmenait à l’école. Le page est décédé il y a une dizaine d’années. Le palefrenier vient de s’éteindre il y a quelques années. Dim Dolobson mérite donc un hommage de notre nation. il mérite d’être connu des générations futures. Il mérite plus qu’une Avenue. Les autorités peuvent penser une université en son nom.

Le vainqueur 26-02-2019

​Pierrette Sandra Kanzié, la première femme à publier un livre au Burkina Faso

Publié par Lankoandé David.
Le 20-06-2018.
 Pierrette Sandra Kanzié est celle à qui on attribue la naissance de la littérature féminine au Burkina. Native de la Côte d’Ivoire, elle a rejoint son pays natal, le Burkina Faso, pour continuer ses études primaires, secondaires et universitaires. 
« J’aimais beaucoup les récitations à l’école primaire », se rappelle-t-elle.Renfermée, elle trouvait refuge dans la lecture et l’écriture. C’est à cela qu’elle consacrait le plus clair de son temps, durant toute son enfance.
 
La passion pour l’écriture grandit et sa première poésie paraît dans le journal « Le Carrefour africain » dirigé à l’époque par Babou Paulin Bamouni. C’est à l’issue de cette publication qu’un professeur d’université l’invite à rejoindre l’Association des écrivains burkinabè.
 
Sa vie poétique se déroulait bien jusqu’au jour où une mauvaise nouvelle va la secouer péniblement. Son seul grand-frère qui vivait au bord de la lagune Ebrié venait de rendre l’âme, alors qu’elle était en classe de 1re. Une grande tristesse l’habite. « Je n’ai pas pu pleurer, j’étais très choquée par cet évènement. Je pensais à ma mère, je pensais à sa dernière lettre qu’il m’avait envoyée et dont je n’ai pas encore posté la réponse », explique-t-elle.
 
Noyée dans une profonde tristesse et n’ayant que pour solution l’écriture, elle finit par noyer sa douleur dans une œuvre littéraire. C’est ainsi qu’est né « Les tombes qui pleurent », son premier roman, en janvier 1987, alors que Sandra n’avait que 21 ans et était en classe de terminale au lycée Marien N’Gouabi. « Ce roman est donc un long cri, les larmes que je n’ai pas pu extérioriser », confie-t-elle avec tristesse. L’œuvre est parrainée par Me Titinga Paceré qui l’a d’ailleurs publiée.
 
Elle fut donc la première écrivaine burkinabè à avoir publié un livre. Cependant, l’écrivaine ne se prend point la tête. « Je suis plutôt gênée lorsque l’on dit que je suis la première femme à avoir publié un livre,  puisque  mes ainées comme Bernadette Dao et Rosalie Tall ont écrit bien avant moi, seulement leurs œuvres n’ont pas eu la chance d’être publiées avant la mienne », explique-t-elle.
 
Pierrette Kanzié écrira par la suite « Souvenir ensanglanté », qui est en rapport avec tout ce qui s’est passé durant la Révolution de 1987.  Pour l’écrivaine, « il y a beaucoup trop de sang versé. J’ai pensé à feu Babou Paulin Bamouni, qui m’a vraiment révélée au grand public, tué lors des évènements de 1987 ».
Beaucoup d’autres poésies et contes sont écrits par Pierrette Sandra Kanzié. Mais compte tenu de la vie familiale, la mère de trois enfants a mis une pause à sa vie littéraire.
Disposant encore de quelques poésies et contes dans son tiroir, Pierrette promet un retour littéraire pour bientôt.


LA LITTÉRATURE ÉCRITE BURKINABE

 08 juin, 2018
INTRODUCTION

La littérature écrite est l’ensemble des oeuvres écrites auxquelles on reconnait une finalité esthétique

d’un peuple ou d’une société. Toutefois, longtemps

ignorée et délaissée comme une activité sans

importance, la littérature écrite burkinabé demeure

encore en marge des préoccupations de la grande

majorité des ces citoyens. Autrement dit, elle est

considérée comme un parent pauvre de la culture qui

bat son plein actuellement dans le pays.

I. NAISSANCE ET EVOLUTION

NAISSANCE

La littérature écrite Burkinabé se caractérise par une

naissance tardive. En effet, elle a prit naissance en

1962 avec le crépuscule des temps anciens de Nazi

Boni qui est le Premier écrivain burkinabé et non

Dimdolobson comme on l’a trop, souvent laissé croire.

Les œuvres publiées par Dimdolobson dans les années

30 dont : Le Secret des sorcières noirs , relève plus de

la sociologie de l’ethnographie que de la littérature,

c’est-à-dire de la fiction.

EVOLUTION

Malgré la naissance tardive de la littérature écrite

Burkinabé, elle connait une évolution importante dans

ces dernières décennies. Des critiques littéraires

comme Salaka Sanou parlent d’une littérature

émergente. En effet, ce progrès significatif au double

plan de la quantité et de la qualité s’explique par une

volonté des pouvoirs publics de soutenir et de

promouvoir la création littéraire expression de la culture

d’un peuple. Mais aussi et surtout à une grande

détermination des écrivains eux-mêmes qui tiennent

contrevent et marée à écrire et à publier des œuvres

parfois à compte d’auteur.

Tandis que des ainé à l’instar de Titenga F.Pacéré

s’affirment au-delà des frontières nationales (GPL AN)

Académique des sciences d’outre-mer, etc.. ; une

nouvelle génération d’auteurs incarnée par Sophie Heidi

Kam, William N° Aristide COMBARY, etc. est entrain

d’émerger. Cela quand bien même l’écriture au

BURKINA FASO reste et demeure une gageure.

Les écrivains burkinabés produisent des œuvres

capables de favoriser la compréhension et la maitrise

de l’identité culturelle burkinabé et même africaine. Ils

participent de ce point de vue au rayonnement

international du BURKINA. C’est le cas de la médaille

de bronze remportée par Ghislaine F. SANOU au V jeux

de la francophonie à Niamey au Niger dans la catégorie

littérature (Nouvelle) ; La médaille d’argent remportée

également en littérature (conte) aux V jeux de la

francophonie à Beyrouth au Liban ; et le chantre de la ‘’

Bendrologie’’ et de la ‘’ Ouangologie’’ Maitre PACERE

Titenga faisait son entrée à la prestigieuse académie

des sciences d’outre-mer à Paris.

II. LES GRANDS NOMS DE LA

LITTÉRATURE ÉCRITE BURKINABÉ

NAZI BONI

Nazi Boni né le 1 Juillet 1912 à Bouan, mort le 16

Juin 1969 à Ouagadougou est un homme politique issu

de la haute –volta. Il est également considéré comme

le premier écrivain de son pays, le Burkina Faso.

Nazi Boni est un panafricaniste convaincu ; il est

l’un des fondateurs du parti pour le regroupement

africain. Son engagement africain lui vaut d’être exilé de

1960 à 1966. Il écrit en 1962 le crépuscule des

temps anciens dans le courant de la négritude. Le

roman aborde le thème de la guerre de Bani-Volta.

JACQUES PROSPER BAZIE

Né en 1955 à Ouagadougou, le Dr Bazié est l’un

des écrivains burkinabé les plus talentueux. Trois fois

lauréates du grand prix national des arts et des lettres

(GPNAL) organisé lors de chaque édition de la semaine

national de la culture. Il est auteur de plusieurs œuvres

que nous pouvons citer :

Orphelin des collines ancestrales , poésie, Dasl

1984

Aux miradors de l’espérance , Agonie de Gorom-

Grom, Poésie en 1992

La Saga des immortels en 1987, poésie en 1987

L’Agonie des Grenier , nouvelle publié en 1984

Crachin de Rissiam, nouvelle, en 2002

Croquis de panguin, nouvelle en 2004

Cantiques des soukalas , conte en 1998

L’épave d’Absouya , Roman en 1995

Amomo, théâtre, roman en 1995

Parchemins migrateurs , Poésie 2011

TINTINGA FREDERIC PACERE

Né en 1943, Maître Tintinga Frederic Pacéré est

l’homme de lettre et de culture, il a écrit les œuvres

que sont :

Les origines africain des avocats sans frontières ,

la pensée africaine,

 le langage des tam-tams et des masque en Afrique

etc.

SALAKA SANOU

Né en 1918 et mort en 2014, il est l’un des écrivains

les plus célèbres du Burkina. Il fut l’auteur de quelques

œuvres notamment :

Un séjour ,

Femme sèche tes larmes.

BERNADETTE DAO

Bernadette SANOU Dao est née le 25 Février 1952 à

Baguinda (Bamako, Mali). Elle est l’actuelle directrice

Générale de l’Office National du Tourisme Burkina

(ONTB). Elle a à son actif plusieurs œuvres dont la

dernière en date est un recueil de nouvel intitulé : la

femme de diable suivie de huit autres histoires. Elle a

également écrit des poèmes.

NORBERT ZONGO

Il est né en 1949 à Koudougou. Il est le directeur

fondateur du Journal « indépendant » et président des

Editeurs Privées (SEP) au Burkina Faso. Il est l’auteur

de l’œuvre intitulée ‘’le Parachutage’’ . Il a été assassiné

le 13 Décembre 1998.

WILLIAM ARISTIDE COMBARY

Il est un officier de la gendarmerie, né en 1980, il est

l’auteur des œuvres suivantes :

Sueurs froides,

les sept douleurs,

A la recherche inodérée du plaisir

etc.

MONIQUE SANOU ILBOUDO

Elle fut la première romancière burkinabé, né en 1948,

madame Monique Sanou ILBOUDO est l’auteur de

plusieurs œuvres dont le mal de peau, Rurekatété

(laisse la vivre).

III. APPORT DE LA CRITIQUE

LITTÉRAIRE BURKINABÉ A LA

LITTÉRATURE ET LA CULTURE

NATIONALE.

Définition de la critique littéraire

La critique littéraire s’est l’étude, la discussion,

l’évaluation et l’interprétation littéraire. Autrement dit

elle expose en détaillant tous les circonstances sur les

œuvres littéraires. De même elle peut prendre la forme

d’un discours théoriques en s’appuyant sur la théorie

de la littérature.

Apport de la critique littéraire burkinabé à l’existence

même de la littérature écrite burkinabé

Lorsqu’on parle aujourd’hui de la littérature écrite

burkinabé, pour les lecteurs ainsi que pour les écrivains

cela semble aller de soi. Or il a fallu des combats

théorico-idéologique et d’autre spécialité pour en

arriver là. Nous avons des critiques tels que Benardin

SANOU, le Pr. SANOU Salaka et Jean Yves Dakouo, qui

défendent l’existence de la littérature burkinabé. En

effet, pour défendre l’existence d’une littérature au

Burkina Faso, Pr SANOU Salaka écrit : « Malgré ce

démarrage tardif, la littérature burkinabé aujourd’hui

existe : il y a les hommes ; il y’a les œuvres, en effet

que ce soit dans les maisons d’édition internationale,

nombre d’écrivains ont présenté la réalité burkinabé à la

face du monde. Ces écrivains tardivement venus ont

montré qu’ils n’avaient pas grand-chose à envier à des

écrivains réputés, leurs œuvres dans les concours

littéraires nationaux et internationaux ont remporté des

prix, témoignant ainsi de la capacité littéraire du

Burkina Faso moderne.. ».

Apport de la critique littéraire burkinabé à la

promotion de la littérature écrite burkinabé.

Les travaux de recherche des grands littéraires comme

les professeurs : Louis Milogo ; Paré Joseph ; Yves

Dakouo ; Albert Ouedraogo etc. ont permis de cerner la

particularité de la poésie pacérène et contribué

largement à sa connaissance au-delà des frontières

nationales. Il en est du même de « Moïse du

Bwamou », Nazi Boni, à qui le Pr. Louis MILOGO a

consacré un important ouvrage de NAZI Boni premier

écrivain du Burkina Faso : la langue Bwamou dans

crépuscule des temps anciens. Dans ce travail de

promotion de la littérature Burkinabé est de son

positionnement sur la scène littéraire a travers une

meilleur connaissance de ses œuvres mais aussi de

son histoire, nous aurions tort de ne pas nous référer

aux travaux d’un grand nom de la critique littéraire

Burkinabé, le Pr. GO Issou. Son article musclé : « le

destin tragique des écrivains africains et le déclin de la

littérature révolutionnaire » vise à redonner à

Ouagadougou la place importante qui est la sienne au

niveau de la littérature africaine. Les nombreux travaux

de Issou Go et des autres critiques burkinabés ont

permis une meilleur connaissance des genres

littéraires. Par exemple c’est à travers Issou Go que

l’on a pu apprendre que la production de nouvelle au

Burkina Faso se reparti en trois courants : le courant

traditionaliste

, celui des plaies social et des courants magiques.

IV. PROBLÉMATIQUE

Le problème majeur auquel est confronté l’écrivain

burkinabé est celui de l’édition. En effet, publier un

roman, un recueil de poème, de nouvelle ou de tout

autre ouvrage au Burkina Faso relève d’un tel véritable

parcours de combattant que beaucoup de scripteurs

novices y laissent leurs plumes. Après la disparation de

certaines institutions et structures panafricaine,

beaucoup d’Etats se sont doté de leur propre maison

d’édition. Ce qui n’a pas été le cas au Burkina Faso.

Mahamadou Ouedraogo, ancien ministre des arts et du

tourisme reconnait cet état de fait : « en effet, dit-il

l’histoire littéraire au pays nous renseigne que les

premiers écrivains burkinabé (…) ont su très tôt inscrire

dans leurs thématique les préoccupations des

burkinabés. Si leur période s’est caractérisée par une

faible production, cela était lié plus aux problèmes

infrastructurels qu’à un manque d’inspiration ou de

créativité. Au vu de ce manque de maison d’édition sur

place, les écrivains n’ayant pas les moyens pour faire

de l’édition, à compte d’auteur, la production littéraire

s’est retrouvée handicapée ».

Il existe certes aujourd’hui des maisons d’éditions.

L’assedif, l’association des éditeurs du Burkina Faso

qui compte quelques onze membres (découverte du

Burkina Faso, Gambidi, etc) Mais ne disposant pas de

moyens, ces structures dans leur écrasante majorité, ne

font que de l’édition, à compte d’auteur.

L’analphabétisme et la pauvreté de la grandes majorité

de la population constituent aussi des handicapes de la

littérature écrite Burkinabé.

V. SOLUTION

Au-delà de l’édition, problème auquel on doit trouver

une solution, il faudra aussi susciter et encourager la

création littéraire en :

Ressuscitant les prix et autres concours littéraire qui

ont jadis révélé au grands public des écrivains de

talents. Nous pensons ici au grand prix littéraire du

président du Faso, au prix Sidwaya du meilleur roman,

au grand prix de l’imprimerie nationale.

Revoyant à l hausse les récompenses du GPNAL à

la SNC.

Publiant diligemment les œuvres primées au GPNAL

afin de les rendre accessibles aux lecteurs et en faisant

la promotion des auteurs.

On pourrait aussi, par exemple, exploiter l’image

des artistes-écrivains dans la publicité comme cela se

fait avec les chanteurs, les comédiens, les joueurs et

les cyclistes.

Intégrant les œuvres des écrivains Burkinabé dans

les programmes scolaires.

CONCLUSION

En conclusion, notons que la littérature écrite

Burkinabé bien que ayant connu une naissance tardive a

connu une évolution importante. Nous pouvons retenir

des auteurs tels que Nazi Boni, Frederic Titinga Pacéré,

pour ne citer que ceux-là ont fortement contribué à la

naissance et à l’émergence de la littérature écrite au

Burkina Faso.

 Salaka Sanou-La littérature burkinabè: l’histoire, les hommes et les oeuvres.


Sanou, Salaka . – La littérature burkinabè :

l’histoire, les hommes, les œuvres

Préface de Jean-Marie Grassin. Limoges, Presses

universitaires de Limoges (PULIM), 2000, 220 p. 

 
L’ouvrage de Sanou Salaka, enseignant à l’Université de

Ouagadougou, est le fruit de plusieurs années de

recherches pour mieux cerner les conditions d’émergence

de la littérature burkinabè. À ce titre, c’est un précieux

document de première main pour celui qui veut s’aventurer

dans les dédales de la littérature burkinabè.

1

L’ouvrage comprend trois parties : « Repères dans

l’histoire littéraire du Burkina Faso » ; « Connaissance des

écrivains burkinabè » et « Production littéraire du Burkina

Faso ». En outre, on distingue une préface et un avant-

propos.

2

La préface, « Émergence de la littérature burkinabè »,

écrite par le professeur Jean-Marie Grassin de l’Université

de Limoges, est axée sur ce qui peut constituer la

spécificité de la littérature burkinabè ; ce qui peut la

différencier des autres littératures car « il s’agit maintenant

d’interpréter l’originalité et le dynamisme de l’espace

culturel burkinabè ». Fort de cette notion, Sanou Salaka

voit dans cette littérature l’expression d’un imaginaire

africain en mutation. Elle est héritière des formes

narratives et poétiques traditionnelles qui prennent

légitimement leur place dans le patrimoine national du

Burkina Faso et, à travers lui, dans le grand trésor de la

littérature mondiale. La théorie de l’émergence rend

compte de l’évolution du système littéraire d’hier,

d’aujourd’hui et de demain. Il faut dire que la sociocritique

dont se réclame Sanou Salaka permet concurremment de

comprendre les conditions historiques d’où a surgi une

parole nouvelle en Afrique à partir des années 1960.

3

L’avant-propos permet à Sanou Salaka de situer tout

d’abord la genèse de sa recherche qui se situe dans les

années 1980. D’ailleurs, cette recherche, avoue-t-il, ne

présageait pas la production d’un ouvrage. Il s’agissait de

connaître les producteurs et les œuvres : les écrivains

africains dans la société. Le travail de collecte

d’informations exhaustives auprès des auteurs a raffermi

l’idée de l’ouvrage. Par ailleurs, ce travail est aussi le fruit

d’une coopération universitaire avec l’Université de la

Francophonie à Limoges et l’Université de Bayreuth en

Allemagne à travers un projet de bio-bibliographie de la

littérature burkinabè.

4

Abordant l’introduction proprement dite, l’auteur montre

que la littérature burkinabè est récente et jeune. Le Burkina

Faso n’a manifesté sa présence sur le terrain littéraire

qu’à partir de 1962 avec l’oeuvre de Nazi Boni Crépuscule

des temps anciens.

5

Sanou Salaka cite les noms des pionniers comme

Lompolo Koné, Sékou Tall, Mahamadou Sawadogo. Ces

pionniers proviennent du vivier de l’école William Ponty,

de l’école de jeunes filles de Saint Louis (Sénégal), de la

commune de Bouaké (Côte-d’Ivoire) pour l’Ouest du

Burkina et de Niamey (Niger) pour l’Est.

6

Malgré ce démarrage tardif dans l’arène de l’écriture, la

littérature burkinabè existe et connaît un essor dans les

années 1980. Les publications sont le fruit des efforts de

compte d’auteur, de l’administration et des maisons

d’édition internationales. L’histoire de la pratique littéraire

est liée à celle du pays. C’est la clé de lecture pour

comprendre les œuvres. En effet, la Haute-Volta était une

réserve de main-d’oeuvre pour les pays côtiers, comme la

Côte-d’Ivoire et le Ghana. Ces éléments ont joué

négativement dans la constitution d’un univers littéraire

national.

7

Le premier chapitre, « Repères dans l’histoire littéraire du

Burkina Faso » est consacré à la littérature comme moyen

de sauvegarde de la mémoire et d’expression. L’auteur

rappelle que l’écriture a permis aux Africains de pérenniser

une partie de l’histoire de leur continent, comme en

témoignent des œuvres phares telles que Soundjiata ou

l’épopée du Mandingue (D. T. Niane), Les contes

d’Amadou Koumba (Biraogo Diop), La légende de

M’Pfoumou Ma Mazono (Jean Malonga), pour ne citer que

celles-là. L’auteur finit cette partie par une question

capitale : y a-t-il une littérature burkinabè ? En d’autres

termes, peut-on parler de littérature nationale du Burkina

Faso ?

8

Pour prouver l’existence d’une littérature burkinabè, Sanou

Salaka commence par poser la charpente de son

argumentation. Dans un premier temps, il évoque « les

problèmes de la recherche sur la littérature au Burkina

Faso ». Ce pays souffre de la méconnaissance de son

histoire littéraire. Les causes sont nombreuses. On note la

faible quantité (du moins dans les années 1980) de la

production littéraire ; celle-ci n’a pas suscité de vocations.

Il faut aussi ajouter l’absence de littérature nationale jugée

longtemps trop peu importante dans les programmes

d’enseignement, notamment à l’université. Le manque

d’intérêt des chercheurs et des enseignants-chercheurs

pour la littérature burkinabè est déplorable. En effet, la

première thèse soutenue sur la littérature burkinabè par

Boniface Gninty Bonou date de 1982. À ces éléments

s’ajoute la disponibilité de documents fiables pour le

chercheur.

9

Dans un deuxième temps, le propos du livre de Sanou

Salaka est axé autour de la « naissance de la littérature

voltaïque ». La datation de création des écrivains

burkinabè pose un problème central. Cela se comprend à

travers l’histoire même du pays qui a été constitué en

1919 comme colonie, supprimée en 1932 et répartie entre

les colonies de la Côte-d’Ivoire au Sud, du Niger à l’Est, et

du Soudan au Nord et à l’Ouest. Elle sera reconstituée en

1947 après la Seconde Guerre mondiale. Ces turbulences

de l’histoire ont fortement perturbé les intellectuels

voltaïques de l’époque susceptibles de s’adonner à des

activités de création. Ce fait est confirmé par le Professeur

Joseph Ki Zerbo. La Haute-Volta était plus considérée

comme un foyer de main-d’oeuvre que comme un terrain

de scolarisation soutenue. La reconstruction de la Haute-

Volta a donné lieu plus à une intense activité politique que

littéraire. Cela se comprend par l’urgence de construire la

nation. D’ailleurs, tous ces leaders sont de la génération

des pionniers de la négritude, Philippe Zinda Kaboré,

Ouézzin Coulibaly, Lompolo Koné, Yalgado Ouédraogo,

Issoufou Conombo, Joseph Ki-Zerbo pour n’en citer que

quelques-uns. Tout cela explique qu’aucune œuvre n’a été

publiée pendant la période coloniale. Mais, paradoxe, en

1932, Dim Dolobson Ouédraogo publie L’empire du Mogho

Naba et Les secrets des sorciers noirs qui, selon Salaka

Sanou, relèvent plus du champ ethnographique que

littéraire.

10

Parmi les pionniers de la littérature burkinabè, on peut

nommer Lompolo Koné, un dramaturge aidé par la revue

Trait d’union qu’il a créée et dirigée avec l’aide du

commissaire Cornut Gentille. Lompolo Koné arrive à faire

des prouesses littéraires avec sa pièce La jeunesse rurale

de Banfora qui obtint le prix André You de l’Académie des

Sciences d’Outre-mer. Sa pièce Soma Oulé relate le

passage d’une figure de proue de l’histoire africaine dans

l’Ouest de la Haute-Volta, à savoir Samory Touré.

11

L’auteur situe la naissance de la littérature burkinabè en

1962 avec la publication de l’oeuvre Crépuscule des temps

anciens de Nazi Boni qui se place dans la trame des

romans de la négritude. Cette réalité est confirmée par le

fait que le romancier rappelle son amitié intellectuelle et

politique pour Senghor. Les années 1960-1970 vont être

marquées en dents de scie dans le domaine de la

publication des œuvres. L’auteur donne une liste de

romans qui correspondent à ce qu’il appelle « les

balbutiements de la littérature voltaïque », caractérisés par

la prose et la poésie de 1962 à 1979. Sanou Salaka

essaie par la même occasion de présenter les

caractéristiques de cette littérature voltaïque naissante que

l’on peut ranger dans les catégories suivantes : la

littérature pour enfants ; la poésie, avec la prédominance

de Maitre Pacéré Titenga ; les romans, avec l’oeuvre de

Nazi Boni et Kollin Noaga chez Saint Paul, et Étienne

Sawadogo à la pensée universelle ; les nouvelles et le

théâtre.

12

Il faut dire que, pendant cette période, le Cercle d’activités

littéraires et artistiques de Haute-Volta (CALAHV) a servi

de rampe de lancement à ce type de littérature. La revue

Visages d’Afrique a permis de faire connaître dans le

domaine littéraire des noms comme Karim Laty Traoré,

Mamadou Djim Kola, Jean Yaméogo. Cette période est

caractérisée par le respect général des règles de la langue

française et l’inspiration tournée vers le terroir et le

tâtonnement des techniques narratives.

13

« La révélation de la littérature burkinabè », le deuxième

chapitre, est placé sous le signe de l’opportunité. En effet,

les années 1980 sont marquées par l’entrée dans l’arène

littéraire de nouveaux auteurs qui vont profiter de la prise

en compte des préoccupations culturelles par l’État pour

s’y investir. La révolution du 4 août 1983 crée la Semaine

nationale de la culture qui sert de cadre au concours du

Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL). Selon

Sanou Salaka, le GPNAL a joué un rôle primordial dans

cette deuxième période de la littérature burkinabè. Il a

révélé de jeunes auteurs talentueux et de nouvelles

œuvres. Il prend en compte la production en langue

nationale.

14

L’auteur étaye à l’appui son argumentation par des

tableaux qui sont parlants. Il ressort que la participation

des auteurs aux différentes compétitions littéraires du

GPNAL est importante. Les tableaux 1 et 2, qui présentent

la participation au GPNAL en français et en langues

nationales permettent de comprendre la participation des

auteurs par catégorie et genre littéraire de 1983 à 2000.

Le tableau 3 présente les lauréats des éditions du GPNAL

de 1983 à 1988.

15

En définitive, dans ce chapitre, l’auteur tire la conclusion

partielle selon laquelle la littérature semble avoir signé un

pacte avec l’histoire au Burkina Faso. En effet, ces

grandes étapes coïncident avec les grands événements qui

ont marqué la vie sociopolitique du pays : la littérature a

vu le jour presque en même temps que l’indépendance de

la Haute-Volta ; les grands bouleversements politiques du

pays seront ressentis tant en ce qui concerne les écrivains

que la pratique. L’État va jouer un rôle prédominant dans

la promotion et le développement de la production

littéraire avec l’institution des concours littéraires. Les

écrivains s’investissent dans des cadres pour trouver des

solutions à leurs problèmes d’édition, de diffusion et de

promotion.

16

Le troisième chapitre, intitulé « Connaissance des écrivains

burkinabè », est axé sur une présentation des notices bio-

bibliographiques des écrivains burkinabè. Elle est

l’exploitation des résultats des enquêtes réalisées auprès

des écrivains que l’auteur a pu rencontrer. Les

informations concernent la biographie et les créations

littéraires de chacun d’eux. Les informations ont été

traitées à travers un classement des écrivains par ordre

alphabétique avec, en premier lieu, la biographie qui

comprend l’état civil, les études primaires, secondaires et/

ou supérieures et la carrière (profession, fonctions

administratives et/ou politiques). Suit la bibliographie qui

comprend d’abord les œuvres éditées avec toutes les

données bibliographiques et, ensuite, les œuvres inédites

dont certaines sont citées avec la date de leur rédaction

chaque fois que possible. Il y a aussi les explications et

la compréhension que les écrivains donnent de leur

fonction et de la littérature dans la société. Sanou Salaka

procède aussi à une analyse de leur situation sociale. Il

les classe afin de mieux les connaître : comment sont-ils

organisés tout au long de leur histoire et de l’activité

littéraire ? Comment se sont-ils impliqués dans la vie

sociale de leur pays ? Cette bio-bibliographie permet de

recenser 54 écrivains burkinabè. Les commentaires

permettent de cerner surtout le parcours intellectuel des

écrivains, leurs conditions de création, leur milieu

d’origine, les différentes influences littéraires et sociales

subies pour la création.

17

La deuxième partie de ce chapitre rend compte de la

situation de l’écrivain burkinabè. L’auteur procède à une

analyse du niveau intellectuel qui fait ressortir les points

suivants : les écrivains ayant un niveau moyen dont le

BEPC sont au nombre de trois ; ceux qui ont un niveau

équivalent au baccalauréat sont au nombre de six ; ceux

d’un niveau de DUT, licence ou maîtrise sont au nombre

de sept ; ceux d’un niveau DESS, DEA et doctorat sont au

nombre de dix-neuf.

18

En conclusion, l’auteur tire la remarque selon laquelle le

niveau d’instruction général élevé de la majorité des

écrivains devrait constituer un gage de la qualité de leur

écriture dans le maniement de la langue française. La

situation socioprofessionnelle des auteurs fait ressortir les

données suivantes : les écrivains issus de l’enseignement

et de la recherche sont au nombre de vingt. On compte

dans le corps du journalisme douze écrivains. Par ailleurs

on compte six écrivains issus de l’administration, un issu

du corps des ingénieurs, deux issus du droit, un de

l’armée, un de la diplomatie, un écrivain ouvrier et un

écrivain étudiant.

19

Ce tableau fait ressortir la primauté des hommes de

Lettres (enseignants) et des communicateurs (journalistes)

en tant que créateurs dominants la scène littéraire. Cela

s’explique par le fait que ce sont des hommes qui ont des

messages à transmettre à la société. L’écrivain Patrick

Ilboudo parle en tant que communicateur parce qu’il est

journaliste de formation. C’est ainsi qu’une expression,

« le toilettage de la société », revient comme un leitmotiv

dans ses œuvres.

20

La troisième partie s’intéresse à l’âge des écrivains qui

révèle que la plupart crée à l’âge de la maturité, la

trentaine passée. Ce qui peut vouloir dire qu’ils ont une

certaine perception de leur société à cet âge. Ainsi, dix-

huit sont nés avant 1950, 22 dans les années 1950 et

trois après 1960.

21

La quatrième partie de ce chapitre s’intéresse au lieu de

résidence des écrivains. Ainsi trente écrivains sont citadins

vivant à Ouagadougou, quatre vivent dans les provinces,

six à l’extérieur du Burkina Faso, cinq sont décédés. Ce

tableau montre que la majorité des écrivains sont citadins.

Cela s’explique par leur niveau et leur qualification parce

que ces agents sont aussi fonctionnaires de l’État et

occupent des postes qui ne se trouvent pas en province.

22

La dernière partie de ce chapitre aborde le cadre

organisationnel des écrivains burkinabè. On apprend que

le premier cadre de regroupement des écrivains de Haute-

Volta était le CALAHV qui a vu le jour le 27 décembre

1966. Il n’a pas survécu à ses propres contradictions

internes et a disparu en 1974. La Société des écrivains

voltaïques (SEV) qui a été créée les 26 et 27 septembre

1981 a permis son affiliation à la Fédération internationale

des écrivains de langue française (FIDELF), mais elle n’a

pas survécu. À la faveur de la révolution du 4 août 1983

naît l’Association des poètes burkinabè le 18 novembre

1984. L’Union des gens de lettres (UGEL) voit le jour pour

suppléer à la léthargie de la SEV et de l’Association des

poètes burkinabè (APB). Elle a donné une impulsion avec

la Semaine nationale de la culture (SNC), mais elle

sombre dans une inactivité avec la disparition de son

secrétaire général, Paulin Bamouni.

23

C’est à la faveur du boum littéraire des années 1980 que

la Mutuelle pour l’union et la solidarité des écrivains

(MUSE) voit le jour le 13 septembre 1990 et se donne

comme défi de publier les œuvres de ses adhérents. Elle

arrive à briller et à arracher des partenariats avec les

institutions internationales comme l’UNICEF et d’autres

partenaires pour la publication de quelques jeunes

écrivains. En définitive, les écrivains burkinabè ont voulu

améliorer leur situation de publication et de diffusion avec

toutes ces associations même si le constat est qu’elles

ont toutes connu des limites.

24

Enfin, « Production littéraire du Burkina Faso », le dernier

chapitre, est consacré à un regroupement des œuvres

littéraires selon les genres pour ensuite procéder à

l’énumération des travaux de recherche qui leur ont été

consacrés par des burkinabè. Les fonds documentaires du

département de Lettres modernes et de la bibliothèque

centrale de l’Université de Ouagadougou ont été exploités

à cet effet. La nomenclature fait ressortir les statistiques

suivantes : 54 romans, 53 poèmes, 31 recueils de contes,

26 nouvelles ; 16 pièces de théâtre.

25

Pour clore ce chapitre, Sanou Salaka donne la liste

exhaustive des travaux publiés sur la littérature burkinabè

dont 29 sont des articles scientifiques et 30 sont des

mémoires et thèses.

26

En conclusion, l’auteur note que, malgré l’énorme effort

des écrivains et des critiques, il reste beaucoup de chemin

à parcourir pour que la littérature burkinabè puisse quitter

le stade de l’émergence pour être enfin consacrée. Les

difficultés sont du reste liées aux problèmes de diffusion.

La recherche est encore universitaire et devrait être promue

à un niveau plus large pour une juste perception de la

littérature burkinabè par le lecteur extérieur à la

connaissance des codes culturels burkinabè.

27

Nous pouvons dire que dans l’ensemble, à travers 220

pages, l’ouvrage de Sanou Salaka montre que la littérature

burkinabè existe et qu’elle a connu des pionniers à travers

sa « longue marche ». Elle poursuit donc son chemin pour

dépasser le stade d’émergence et atteindre

progressivement la reconnaissance et la consécration.

L’ouvrage a aussi la qualité de servir de document de

base pour tout chercheur et enseignant sérieux qui veut

avoir des données bio-bibliographiques fiables sur les

écrivains burkinabè. On peut cependant regretter que

Sanou Salaka n’ait pas pu aborder le contenu proprement

dit des œuvres, la thématique et les techniques narratives ;

ce qui aurait pu donner au lecteur des notions de base et

l’initier à cette littérature qui présente bien sa spécificité

en tant que littérature émergente et de périphérie. C’est

peut-être le lieu de dire que ce travail appelle

nécessairement des prolongements dans l’analyse des

œuvres. On peut néanmoins reconnaître les mérites de

l’auteur dans sa perspective de jeter les bases d’un travail

de promotion de la littérature burkinabè. Ce travail donne

des pistes de lecture grâce aux nombreux travaux

universitaires que l’auteur a pris le soin de recenser et qui

mettent en relief la qualité de la recherche de Sanou

Salaka.

      Source :wikipedia.

Recherché par:                             Lankoandé David,Etudiant en Licence II de Lettres Modernes à l’Université OuagaI Pr Joseph Ki- Zerbo.